Peut-on rire dans toutes les positions ?

Exploration intime sous influence - Films de zombie et humour littéraire

Lettres d'un jeune boomer
4 min ⋅ 30/03/2026

Lundi 30 mars 2026
Paname, le jour d’après le changement d’heure


Camarades, 

Comment allez-vous ? Bien, j’espère.

Par ici, j’ai eu un mois de mars bien rempli entre une visite introspective dans les territoires pour passer du temps auprès du feu dans la campagne auvergnate et la furia de la vie parisienne. J’ai repris mon petit vélo qui se plie parce que le soleil est revenu sur Paris, à retrouver en vidéo ici, et j’ai fait quelques concerts. Pendant ce temps là, une nouvelle guerre à démarré et les élections municipales ont bien eu lieu. Allez comprendre !

Avec l’ami Gilles aux dessins d’humour, nous vous proposons pour cette édition une nouvelle chronique OK Boomer qui va au fond de son sujet. Une exploration intime et salvatrice, non dénuée d’humour bien évidemment.
Merci à Sandrine pour la relecture et les suggestions, c’est important d'avoir un deuxième avis dans ces situations là !

J’espère que cela vous plaira.

Adesias, 

Monsieur Châtellier

PS : Pour le reste, c’est sur Instagram que je fais des trucs autour !


CHRONIQUE OK BOOMER

Vive la colo !

Lâcher prise, s’abandonner, se laisser aller. C’est un défi de tous les jours par les temps qui courent. « C’est plus facile à dire qu’à faire, ma bonne dame ! », comme disait ma bouchère quand je mangeais encore de la viande, et que la susdite bouchère n’avait pas ses binocles ce qui explique qu’elle m’ait mégenré.

Je m’égare, revenons à nos moutons. 

C’est d’ailleurs pour moi une des façons de pratiquer la pleine inconscience, cette méditation dont je revendique la paternité, que de les compter quand je suis en position allongée : d’aucuns qualifient cela de « sieste » ; moi, une pause bien méritée.

Au fil des ans, j’ai exploré toutes les positions, toutes les astuces, tous les lieux (sous un bureau, dans un parking à la pause dej’, sous un pommier dans un pré… faites votre choix), pour parfaire l’exercice dont je me suis autoproclamé l’un des experts mondiaux.

Le dormeur s'est réveillé par Gilles « Muad'Dib » Rapaport

Pourtant, malgré tous mes efforts, mon esprit conserve toujours un zeste de vivacité dans ces moments. Elle se manifeste en me  donnant des rêves, des songes qui ne sont pas complètement en accord avec la doctrine de pleine inconscience que je prône. Une microfrustration pour le perfectionniste que je suis – oui je sais que cette constante exigence est parfois fatigante et que c’est l’un de mes principaux défauts – dont je n’avais pas trouvé à me débarrasser jusqu’à il y a peu.

Laissez moi vous narrer le pouvoir magique de la colo. 

Non pas la colo de vacances, celle où vous avez appris à fumer des Gauloises et à rouler des pelles à Sylvie qui était trop mignonne et qui avait gravé à l’Opinel un coeur avec « S + G » dedans sur le chêne de la cour du centre de vacances… non pas celle-là.

Ni « nos colonies », celles dont Sardou vantait, ironiquement ?, les mérites au faîte de sa gloire qui sent le renfermé aujourd’hui. Notez d’ailleurs que j’attends toujours et avec impatience un projet de parc à thème
« Le bon temps des colonies » made in Pierre-Édouard Stérin ou Philippe de Villiers, j’imagine que ce serait très porteur (sans jeu de mots, je vous le jure) dans la France de la Maréchal ; elle est si blonde et si belle cette Marion. 

Mais non, c’est de la colo-scopie dont il s’agit ! Cette aventure intérieure incroyable que seuls les plus de cinquante ans ont le droit de vivre. 

Je fais partie de ces privilégiés, et laissez-moi vous dire que je ne laisserais ma place à personne. Celle des plus de cinquante ans bien sûr, parce que, quand même, c’est plus la classe que d’avoir treize ans –une voix de fausset, une coupe mulet et un embryon de moustache blonde – et, subséquemment, des patients du docteur Fabien R. Oui, je sais, je n’ai pas eu le « réflexe du doc Rapoport », gastroentérologue de renom, parmi le gratin de South Pigalle, le doppelgänger officiel de mon cher ami et néanmoins illustrateur Gilles Rapaport qui n’a de cesse de me le reprocher.

Pièce de théâtre côté cour par Gilles « Le subtil » Rapaport

Par l’un des hasards de la vie qui tiennent en fait plus de la génétique, n’en déplaise aux astrologues et autres pierrologistes, je fais partie de ce qu’on appelle une population à risque : je suis donc un « fiché Q ». Ah ah ! L’humour, quand il est de qualité, c’est impayable. 

Oui donc, je ne suis pas seulement encouragé à faire où l’on me dit de faire par  la nouvelle campagne de sensibilisation au dépistage organisé du cancer colorectal, je salue ici ce « Va Chier ! » de haute volée alors que je déteste la vulgarité c’est vous dire si je suis admiratif, j’ai le droit à une exploration fondamentale et clinique tous les cinq ans pour voir si tout va bien là-dedans.

Un gros mot pour sauver des vies !

J’en arrive – laborieusement, difficilement, péniblement, c’est au choix – au cœur de mon propos alors que nous atteignons la presque fin de cette chronique. De là à dire que ce n’est pas maîtrisé, je ne vous permets pas.

Qui dit exploration colorectale dans une clinique dit anesthésie générale.

Comment exprimer avec des mots ce que seul Bouddha a sans doute expérimenté ? Cet abandon de soi, l’oubli de son enveloppe corporelle, ce petit pas molletonné dans le cotonneux néant, détendez-vous, comptez à rebours à partir de cent…

Comment ça, c’est déjà terminé ? Mais ce n’est pas possible ! Je n’avais pas fini de raconter.

J’en étais à quatre-vingt quinze, vous me dites que « tout va bien», « bravo pour votre préparation » et que « monsieur Châtellier, on va vous donner une collation et après il faudra rentrer chez vous » ?

Quelle frustration !

Je ne veux jamais quitter la colo !

🎶 Play-scriptum : En écrivant cette chronique j’écoutais les brits de Suede pour me préparer à leur retour sur scène à l’Olympia en mars et c’était très bien, les belges de Ghinzu pour la même raison et je vous dirais comment c’était en juin après leur concert. Et aussi les américains de Brigitte Calls Me Baby dans l’attente de leur concert au Trabendo ces jours-ci. Que de concerts cette année !


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LA POP CULTURE, C’EST COMME LA CONFITURE

Un joyeux fourretout ce mois-ci

Ayant voyagé dans mes terres, j’ai lu pas mal (en train et sur place, la vie là-bas n’est pas au rythme parisien)… J’ai chialé avec « Vers la violence » de Blandine Rinkel et « La Bonne Mère » de Mathilda Di Matteo, mais c’est comme ça le monde ordinaire a son lot de brutasses qu’il faut affronter un jour.

Pour me détendre j’ai ensuite lu le dernier Jonathan Coe « Les preuves de mon innocence » , et c’est toujours aussi bien écrit, fin et intelligent, drôle et tellement contemporain. Mais comment fait-il ? Je suis dans une comédie de moeurs, anglaise toujours, avec « The Lost Lambs » de Madeline Cash. Je suis content, je lis pas mal et peut-être que cela me donne de la bonne onde pour l’écriture, qui sait ?

Sinon côté, films je me suis fait toute la série « 28 jours plus tard » alors que j’étais seul avec Noodle, mon chien qui n’est pas de garde même s’il le croit souvent à la campagne, parce que je suis un grand garçon maintenant. J’avais cru avoir vu le premier film à l’époque, mais non, cela veut dire que je peux avoir tort, ce qui est étonnant. Comme tout le monde, j’ai aimé le premier, détesté le deuxième et j’ai retrouvé le sourire sur les deux derniers opus (vive Ralph Fiennes !!!).


Merci pour votre temps et votre bienveillante lecture.

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Lettres d'un jeune boomer

Par Monsieur Chatellier

Monsieur Châtellier, né sous Pompidou, élevé sous Giscard, propulsé par Mitterrand

J’écris des chroniques depuis 2019 pour essayer de comprendre ce qui m’est arrivé, nous est arrivé peut-être ?, depuis l’époque des culottes courtes, des osselets et des cacolacs partagés avec les copains et copines qui s’appelaient Didier, Vincent, Hélène ou Valérie.

Les lettres d’un jeune boomer présentent ces textes qui sont illustrées par Gilles Rapaport, dessinateur de presse et illustrateur de renom qui me fait l’amitié de collaborer à l’aventure OK Boomer depuis le début.

Une correctrice m’accompagne pour garder lisible tout ce que j’écris, ce qui n’est pas chose facile, vous pouvez me croire.

Je vis à Paris, à South Pigalle. Une partie de mon coeur est planté dans les Terres du Milieu, entre Brioude et Charbonnières-Les-Vieilles.

A ce jour, quelques centaines de lecteurs suivent mon autobiographie épistolaire.

Avec vous cela fera un de plus ?

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