Courir, mais vers quoi ? - Le Thin White Dude - Les histoires d'amour ne se finissent pas
Mardi 13 janvier 2026
Paname, alors que la Terre tourne toujours
Camarades,
Comment allez-vous ? Bien, j’espère.
Parce que, quand même… elle commence bien, cette année, non ? Je vous la souhaite superbe malgré tout !
Alors que les brutes sont de nouveau à la mode dans le monde entier — et c’est, hélas, tout à fait « normal » : comme toutes les tendances, il y a des cycles (pantalons larges ou slims, cela revient toujours) — on vient de réinventer le concept du masculinisme au comptoir de X ou de votre bar-tabac de quartier. Parce que, quand même, les filles, elles ne font que se plaindre, et qu’une bonne main au paquet, c’est quand même drôle, mignon, voire coquin, non ?
« Nolite te bastardes carborundorum », pour citer La Servante écarlate de Margaret Atwood, que l’on pourrait traduire par : « Ne laissez pas les salauds vous abattre. »
Et toujours le poing levé pour citer Amel Bent. 🖕🏻
Cette semaine, je vous propose une chronique OK Boomer, adaptation d’un texte écrit il y a quelque temps pour mes Rapports d’étonnement de Partage d’écrans. J’ai exhumé d’une ancienne chronique des dessins de mon cher Gilles Rapaport qui s’adaptaient parfaitement à mon propos. Dites-moi ce que vous en pensez.
J’espère que cela vous plaira.
Adesias,
Monsieur Châtellier
PS : Pour rappel, si vous voulez suivre mes aventures pro, c’est sur Linkedin que ça se passe. Pour le reste, c’est sur Instagram quoi !
Dans un monde dominé par les données et les applications, même la plus simple des activités physiques, la course à pied, est sous la menace d’un bug informatique.
Les applications de suivi des activités sportives comme Garmin Connect, Strava et BlaBlaRun (celle-là n’existe pas, je viens de l’inventer : concept, c’est une application pour les gens qui parlent en courant, ceux qui ne peuvent jamais se taire — je tiens un truc, là, non ?) nous en apprennent beaucoup sur nous-mêmes, et c’est merveilleux. Parce que « connais-toi toi-même » et tout ça…
Alors que j’ai été un early adopter — que l’on peut traduire par « fais ton malin, le malin ! » — sur beaucoup de sujets, j’ai découvert la course à pied sur le tard, quand j’ai commencé à prendre un peu de poids, autour de la taille et de la quarantaine.
Le meilleur d’entre nous
par Gilles Rapaport
Comme n’importe qui, lorsque j’ai fait l’acquisition de ma première paire de chaussures de running, j’ai tout de suite téléchargé une application de suivi d’activité sportive.
Au-delà du suivi de mes foulées, de mon rythme cardiaque et des calories dépensées — qui ne sont jamais assez élevées, quoi que je fasse — je dois avouer que la dimension communautaire m’a attrapé tout de suite. Non seulement je fais des efforts dont je suis très fier, mais en plus, des amis sont au courant et peuvent m’encourager ! Taux de fidélisation : 100 % chez moi ! J’adore qu’on m’applaudisse ! Je suis un fan des vanity metrics : c’est mon principal KPI !
Et puis, c’est vrai que dès que j’ai commencé à courir, je me suis moi-même épaté ! Alors que je n’avais jamais pratiqué cette activité, je courais à un rythme tout à fait honorable. Le tableau de bord me présentait des données réjouissantes, avec une allure moyenne de 5 min/km. Excusez-moi du peu !
J’avais pourtant l’impression de trottiner et, souvent, je me faisais dépasser par des coureurs que je jugeais hors de forme d’un coup d’œil sur l’anneau du parc Monceau. Mon application, aimable et bienveillant coach sportif, me distribuait des petits cœurs : j’étais une légende de la course du 17ᵉ parisien ! C’était incroyable !
Puis l’un de mes amis, qui me suivait sur l’appli, me félicita lors d’une soirée en agitant le pouce en l’air et en répétant plusieurs fois : « Pas mal, hein, frérot ! Pas mal, dis donc ! »
Oui, c’est l’un de ceux qui disent « frérot ». Ne m’en parlez pas.
La roue tourne. Mais pas à la même vitesse pour tout le monde
par Gilles Rapaport
C’est là que j’ai compris qu’il y avait un problème dans le système. Une poularde dans le renardier, comme on dit en Auvergne.
En me penchant plus avant sur la carte de mes activités, je me suis rendu compte qu’il y avait certaines lignes droites que je n’aurais pas pu physiquement accomplir sans être un super-héros, du fait de la problématique de traverser les murs des immeubles sur le chemin desdites lignes droites. Bizarre autant qu’étrange.
Quelques heures de recherches en ligne, des forums compulsés, des appels à un ami et un chat avec l’assistance de l’application plus tard… la vérité toute nue fit son apparition : ayant mis mon vieux smartphone en mode économie d’énergie, l’application bienveillante avait pris des raccourcis, faute de données. Je ne courais pas à 5 min/km, mais bien à 7 min 43 s/km — ce qui est moins bien pour ceux qui sont fâchés avec les datas.
Qu’est-ce que vous croyez que je fis ?
Vite, vite, j’ai remis le mode économie en route pour ma prochaine course, et j’ai pu retrouver cette belle allure qui me convenait mieux !
🎶 Play-scriptum : Comme tous les bobos de SoPi, je suis tombé amoureux de melodrama de disiz et Théodora. Normal, zéro originalité. Pour illustrer mon avant-propos en haut de cette lettre, je me suis excité les oreilles sur Thelma et Louise de Solann. Et puis je me suis dit qu’il était temps de mettre à jour ma playlist Play-scriptum OK Boomer sur Deezer, et je l’ai fait. C’est là que vous retrouvez tous les morceaux que je cite depuis le début de mes Lettres d’un jeune boomer. Malin, non ?
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David. Bowie, pas Hallyday.
Celle que j’accompagne vient de me dire que le fils Hallyday va avoir soixante ans cette année.
Alors que Bowie n’aura jamais quatre-vingts ans parce qu’il nous a quittés il y a dix ans.
C’est donc en toute logique que le Dude de cette édition est David Bowie.
Désolé Hallyday Junior, ce n’est pas pour toi.
Bowie, c’est pour beaucoup ce génie de la musique qui a traversé les époques depuis les années soixante pour nous offrir des tubes pas dizaines, un personnage légendaire, une véritable star planétaire.
Certes.
Mais pour moi, il restera l’auteur du magnifique Five years. Un requiem pour la Terre qui meurt avec sa chérie dessus. Oui c’est beau.
De mémoire, c’est le morceau qui a accompagné mon arrivée dans la vie d’adulte (ma première nuit d’amour si vous avez besoin qu’on vous pose les points sur les i, en forme de coeur si ça vous plait).
C’est dire si je m’en souviens.
Un toast au thé !
(marrant à lire à voix haute ça)
Le Dude persiste et signe
Je ne veux pas terminer Los Años Nuevos
Je fais durer le plaisir et j’avance à petits pas pour terminer Los Años Nuevos, merveilleuse, romantique et très belle série disponible sur le replay d’Arte. Là, il me reste deux épisodes que je n’ose pas lancer, parce que je ne veux pas me séparer d’Ana et d’Oscar. Ils sont si beaux, si vrais. On dirait vraiment que le scénario a été écrit par un humain.
Alors je procrasbinge, en tuant les minutes qui me séparent de la conclusion de leur histoire…
Parlement, sur France TV : parce qu’il est important de rire, mais aussi de comprendre ce qu’est le Parlement européen, tout en souriant aux aventures de Samy, « le Requin », dans les couloirs de nage des institutions qui nous gouvernent ;
When No One Sees Us, sur Netflix : une série espagnole qui pourrait s’appeler Meurtre en Andalousie et qui m’a plongé dans une Semaine sainte ponctuée de morts pas très catholiques (ah ah…) ;
Pluribus, sur Apple TV, parce que Vince « Breaking Bad » Gilligan, Albuquerque sous le soleil et Rhea Seehorn — une actrice (oui, je m’arrête là, parce que tout est dit).
Mais il faut bien que cela se termine, et je vais être un grand. Même si je vais pleurer — c’est sûr, ne me dites rien, je le sais — je vais regarder les deux derniers Nouvel An et anniversaires de mes amoureux de Madrid.
Parce que je suis un vrai bonhomme, plein de courage, moi !
Ils sont beaux comme la vie à Madrid
Merci pour votre temps et votre bienveillante lecture.
Les lettres d’un jeune boomer reviennent très vite dans votre boite mail !