Un veggie bien saignant - Le Dieu du vélo électrique - Un roman avant le dodo
Lundi 22 février 2026
Paname, le jour d’après les JO Milan-Cortina
Camarades,
Comment allez-vous ? Bien, j’espère.
De mon côté, le début d’année a été bien rempli par des concerts, des aventures cyclistes, un déménagement pour l’Ainée qui a trouvé son cocon (hourra !), du montage vidéo,… et je ne sais combien de moments où je me suis dit : « Bon, je ne vais pas me plaindre, ce n’est pas si mal, cette vie-là. »
Avec l’ami Gilles aux dessins d’humour et de qualité, nous avons composé une nouvelle chronique OK Boomer que certains liront comme un manifeste pour le végétarisme. On pourrait faire un parallèle — osé, certes — avec l’appel du 18 juin du général de Gaulle, oui, ce même Charles qui est devenu le type le plus tendance de ce début 2026. Un parallèle très osé, je le concède !
Merci à Sandrine pour la relecture, toujours mieux sans faute quand on veut remuer les consciences.
J’espère que cela vous plaira.
Adesias,
Monsieur Châtellier
PS : Pour le reste, c’est sur Instagram que je fais des trucs autour !
Vous en connaissez, vous, des végétariens ? Des qui ne mangent pas de viande ? Moi oui. Et je dois dire qu’ils ont tout mon respect.
Non pas parce qu’ils ont décidé de sauver la planète à notre place en sacrifiant le plaisir de manger de mignons et innocents animaux rôtis à la plancha. C’est leur choix, personne ne les oblige, s’ils ont un degré d’humanité plus élevé que les autres, que peut-on y faire ?
Si je leur porte une admiration sans faille, c’est pour le courage qui les anime. Celui qui leur permet de lutter contre la pression populaire dont l’évidente et éternelle représentation s’incarne dans le « repas de famille ». Une tradition bien française, l’un des piliers de la nation au même titre que la deudeuche ou Jean-Jacques Goldman.
« Et pourtant il tourne » par Gilles Rapaport
Parce que oui, s’avancer innocemment vers l’exercice de figures imposées d’un déjeuner familial en arborant la marque infamante du végétarisme, c’est avoir les tripes de se présenter devant le peloton d'exécution la fleur au fusil, de trottiner vers l’abattoir le sourire aux lèvres ; si je peux oser cette dernière image, de sortir du placard aussi démuni qu’Adam en tenue d’Eve.
Admettre, confesser, avouer que vous ne mangez plus de viande lors de cette cérémonie, bien souvent dominicale si vous faites partie de l’équipe « C’était mieux avant. Ah Jacques Martin c’était quand même d’un autre niveau ! », c’est l’assurance d’une avalanche de réactions qui vont occuper et animer la conversation pendant un bon moment, je vous le promets.
Oubliez la Palestine, Macron, le PSG, l’extrême-droite, Méluche, Depardieu ou les menteurs du GIEC, vous venez tout simplement de cracher dans la blanquette de veau de tata Guillemette.
« La convergence des luttes, ou tout se veau » par Gilles Rapaport
Votre mère s’affole à coup de « mais tu es malade mon chéri ? C’est grave ? Oh non, ne me dis pas que… ? » ; l’oncle de la Creuse en visite glissera tristement à votre compagne de vie « j’ai un voisin dont le fils en est, c’est terrible » ; votre frère ainé vous regarde comme un traitre à la race humaine, sa femme bouche les oreilles de leurs jumeaux pour pas qu’ils attrapent de mauvaises idées et pour finir votre jeune soeur — alors que son amoureux, chasseur amoureux de la nature et défenseur des animaux, un schizophrène donc, vous fusille des yeux, des cartouches de 7.65 millimètres sans aucun doute — vous lance un : « Bon OK, c’est bien beau tes idées de Paris, mais là pour faire plaisir à tata, tu vas manger de la blanquette, non ? ».
« La Chute de la Famille Pierrade » par Gilles Rapaport
Eh oui, à moins d’être malade ou allergique, je ne pense pas que ça existe, il n’y a aucune raison évidente de ne pas mordre l'entrecôte à pleines dents, la corne d’abondance en déverse des pleins camions sur les routes de notre belle France carnivore ; donc pour quelle raison ne pas reprendre de cette blanquette préparée avec amour par cette bonne tata Guillemette ?
Tel Jean Moulin face à Klaus Barbie (fallait oser !), vous tenez bon. Les dents serrés sous la torture exercée par la pression de ceux qui vous aiment sur votre choix de vie. Vous le savez bien vous que l’Histoire se rappellera de vous comme l’un des premiers grands résistants.
Je termine ici, c’est l’heure de la sortie de Noodle, mon adorable petit chien. Mais ça n’a aucun rapport.
🎶 Play-scriptum : J’ai écouté des émissions de radio en podcast ces dernières semaines et particulièrement Very Good Trip de Michka Assayas — j’ai adoré son épisode sur Morrissey évidemment — et le Nova Club de David Blot, nouvelle et ancienne formule c’est une mine pour découvrir des sons qui font du bien !
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Ogden Bolton Jr., mon gars sûr
Le Dude de la semaine est américain et il est né au 19ème siècle. Vous n’en saurez pas beaucoup plus à la fin de votre lecture si ce n’est qu’il est l’inventeur du vélo électrique. Et pour cela, je l’honore de ce titre honorifique.
Quant à savoir si M. Bolton Jr. s’est fendu de cette invention parce qu’il habitait à San Francisco, que les collines à grimper le désespéraient ou qu’il avait besoin de faire le malin pour séduire une jeune femme de son époque : la légende ne le dit pas.
Tout ça pour vous parler de ma randonnée VTT électrique… Le capillotractage, c’est un peu ma signature je l’avoue.
Oui donc j'ai fait dernièrement du vélo électrique dans les chemins de la Comté, en Haute Loire, sur la sympathique invitation des amis de l’agence de voyage Détour 2 Roues. Je me suis tellement amusé que j’ai fait une vidéo, que vous trouverez ci-dessous. J’espère que ça vous plaira.
Et vive Ogden Bolton Jr. le Dude de la semaine !
Une micro-aventure électrique à découvrir sur Youtube
Le Dude persiste et signe
Dernières lectures avant de dormir
Comme beaucoup, je fais partie des lecteurs de literie, de ceux qui se lisent quelques pages avant de dormir.
Étant occupé le reste de la journée à être productif pour le bien de la société (celle qui m’emploie, pas vous), j’ai peu de temps à consacrer à la lecture, ce qui me désole. Et je n’ai pas de trajet en métro parisien pour me rendre à mon lieu de production, ce qui m’enchante.
Pour faire court, je lis le soir avant le dodo et je me rattrape pendant les week-ends et les congés payés. Je n’ai donc pas une liste de lectures sans fin à vous partager.
À l’heure où j’écris ces lignes, je suis plongé dans Demain, les origines de Christian Chavassieux. Un grand roman d’anticipation, puissant, riche de questions sur notre futur, la désagrégation des sociétés, la science, la responsabilité, l’éthique… C’est beau comme un Caravage : hyperréaliste, baroque, sombre et tellement effrayant.
Oui, donc, avant de faire dodo, c’est parfait !
PS : Avant ça l’ai lu le plein d’esprit et d’humour Diary of Somebody de Brian Bilston (non traduit, à ce que je découvre 😕). Comme ça j’étais prêt pour le Chavassieux !
L'avenir est bien comme on l'imagine. Et ça fait peur.
Merci pour votre temps et votre bienveillante lecture.
Les lettres d’un jeune boomer reviennent très vite dans votre boite mail !